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Control Arms

28 février 2011

Contrôler le commerce des armes, maintenant !

Stop à la vente d’armes et de munitions à des responsables de violations des droits humains ! Un appel lancé aujourd’hui à New York par des militants de la Coalition Control Arms, alors que se poursuivent cette semaine les négociations quant à l’adoption d’un Traité international sur le commerce des armes.

« Les violences infligées aux manifestants pacifiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord démontrent l’urgente nécessité d’un contrôle rigoureux et à grande échelle sur les armes susceptibles de nuire à d’innocents citoyens. Les gouvernements des pays producteurs d’armes doivent comprendre que la vente libre d’armements à des leaders qui n’ont ni honte ni remords à les utiliser contre leurs propres citoyens n’est pas acceptable », déclare Salah Abdellaoui d’Amnesty International.

Le Conseil de sécurité félicité
Des discussions autour des critères de refus ou d’autorisation des transferts d’armes sont à l’agenda. Les ONG membres de la Coalition Control Arms soulignent donc avec insistance que la vente d’armes ou de munitions doit être strictement interdite lorsque ces dernières sont susceptibles d’être utilisées afin de commettre de graves violations des droits humains.

Les militants félicitent le Conseil de sécurité des Nations Unies d’avoir récemment imposé un strict embargo sur les armes (comprenant un large éventail d’armes, munitions, équipements) à l’encontre de la Libye. Afin d’éviter d’autres tragédies à l’avenir, un solide outil de prévention est nécessaire. C’est pourquoi les États présents cette semaine à New York doivent veiller à ce que le futur Traité international sur le commerce des armes tire des leçons de ces tristes évènements.

Les États débattront sur les éléments que ce Traité devra inclure. La Coalition Control Arms ajoute que toutes les armes, munitions et matériel connexe (des véhicules blindés, missiles, aéronefs aux armes légères, grenades et munitions) utilisés par l’armée, la police ou dans le cadre d’opérations internes de sécurité devront être pris en compte dans ce traité. Il s’agit de l’unique manière de pouvoir sauver des vies et éviter de graves atteintes aux droits humains.

La coopération internationale et une certaine assistance aux États concernés auront également un rôle à jouer afin d’augmenter l’efficacité de ce Traité.

Contrainte juridique nécessaire
« L’ère au cours de laquelle nos gouvernements et entreprises pouvaient agir sans aucune contrainte juridique touche à sa fin. Il existe des Traités pour réguler la vente de tout et n’importe quoi (des os de dinosaures aux timbres postaux !), mais aucun concernant le commerce d’armes meurtrières. Ceux qui exportent des armes de façon irresponsable doivent savoir qu’ils ne pourront plus le faire bien longtemps », explique Anna Macdonald d’Oxfam.

D’après les estimations de la campagne Control Arms, chaque minute, une personne meurt du fait de la violence armée et des milliers d’autres sont blessées ou maltraitées chaque jour.

« Cette semaine, nous espérons voir aboutir le texte d’un Traité décrivant en détails les standards communs et contraignants à mettre en œuvre par les États. Cela est primordial, d’autant plus que nous sommes maintenant à la mi-parcours du processus de négociations et qu’il ne reste plus beaucoup de temps », poursuit Baffour Amoa du Réseau d’Action International sur les Armes Légères (RAIAL).

À ce jour, il n’existe pas de règles internationales juridiquement contraignantes régulant le commerce des armes classiques. En outre, les lois régionales et nationales présentent certaines lacunes permettant aux armes, aux balles, aux chars et aux missiles de terminer leur course dans les zones de conflits et entre les mains de responsables de crimes de guerre, de violations des droits humains ou d’autres formes de violence armée.

Plus d’infos :
- Visitez le site Control Arms Coalition