Confédération Paysanne du Faso (CPF)
Au Burkina Faso, 60% des emplois sont directement liés à l’agriculture paysanne. Malheureusement, ce secteur reste sous-financé et connaît donc d’importants problèmes. En tant que porte-parole des organisations paysannes du pays, la CPF pousse les autorités à agir pour changer les choses.
Créée en 2002, la Confédération Paysanne du Faso (CPF) est partenaire d’Oxfam-Solidarité depuis 2005. Regroupant actuellement 9 fédérations nationales d’agriculteurs (soit environ 36.000 groupements et coopératives de base), cette confédération se profile comme le véritable porte-parole des agriculteurs et des éleveurs auprès des autorités.
A ce titre, elle assume notamment un important rôle politique en défendant une agriculture familiale durable, productive et compétitive pour toutes les catégories de producteurs. Lieu d’échange et de concertation entre les organisations paysannes, elle fournit également des services techniques et économiques à ses membres.
Avec l’appui d’Oxfam-Solidarité, la CPF œuvre chaque jour à relever les défis suivants :
Pousser l’État à investir davantage dans le développement agricole : la CPF plaide auprès du gouvernement pour qu’il consacre au moins 10% du budget national au développement de l’agriculture familiale, seule voie possible pour un développement économique, social et environnemental viable.
Sécuriser la propriété foncière : l’accès à la terre et la propriété foncière sont des questions complexes au Burkina Faso. Les lois traditionnelles ne permettent pas toujours de résoudre équitablement certaines situations conflictuelles. La pression démographique, l’extension des villes et la concurrence entre éleveurs et agriculteurs provoquent des conflits fonciers de plus en plus nombreux. La CPF pousse les autorités politiques à adopter et à appliquer des lois claires sur la question, permettant d’apporter des solutions équilibrées, favorables notamment aux femmes et aux petits agriculteurs.
Améliorer l’accès aux moyens de production (intrants) : la performance de l’agriculture burkinabé dépend largement de la disponibilité en intrants (semences de qualité, engrais spécifiques, produits de traitement et matériels agricoles). La CPF plaide auprès de l’État pour qu’il aide les paysans à bénéficier de conditions de production abordables afin d’améliorer la productivité de leurs exploitations.
Encourager la consommation locale et protéger le marché : comme ses voisins, le Burkina Faso est envahi de produits alimentaires importés à bas prix (et subsidiés) depuis l’étranger : lait en poudre européen, riz thaïlandais, etc. Cette situation est dramatique pour les producteurs locaux qui n’arrivent pas à écouler leurs propres productions. En alliance avec la Ligue des consommateurs du Burkina, la CPF encourage la population à se tourner vers des produits locaux et pousse les autorités à davantage protéger le marché national vis-à-vis de certains produits sensibles, grâce notamment à des droits de douanes plus élevés. C’est dans ce contexte que la CPF s’est mobilisée contre la signature des Accords de Partenariat Économique avec l’Union européenne.
Informer ses membres et renforcer leurs capacités : la CPF organise des tournées de formation et d’information de ses membres sur divers thèmes en lien avec le monde rural : la réforme de la politique foncière, les enjeux liés aux changements climatiques, les prix et les marchés des produits agricoles, le rôle de la femme dans l’agriculture familiale, etc. Lors de ces rencontres, les représentants de la CPF font également le point sur l’état d’avancement des négociations avec les autorités.
Prise en compte des effets liés aux changements climatiques : depuis quelques temps, la question climatique fait également partie des points d’attention de la CPF. La région sahélienne est en effet directement affectée par le changement climatique, ce qui pose un défi majeur aux producteurs locaux. La CPF mène donc un travail de diagnostic (impact sur les moyens de subsistance, mesures d’adaptation possibles, besoins financiers, etc.) afin, dans un second temps, d’intégrer cette dimension dans son plaidoyer et ses services techniques. Il existe aujourd’hui de nombreuses réponses possibles pour intégrer les effets des changements climatiques dans la relance de l’agriculture : semences résistantes, techniques de fertilisation adaptées, constructions anti-érosives, mesures de rétention d’eau, aménagement de périmètres irrigués...
Par son travail de tous les jours, la CPF vise donc à ce que le Burkina Faso mette en place une véritable politique agricole, fondée sur la promotion de l’agriculture familiale, capable de répondre aux défis alimentaires de demain (croissance démographique, consommation urbaine...). Correspondante directe du ROPPA au Burkina Faso, la CPF est en outre impliquée dans la détermination d’une politique agricole régionale en Afrique de l’Ouest.
Plus d’infos : www.cpf.bf
Actions et projets
Partenaires
- Union Nationale des Mini-laiteries et des Producteurs de lait du Burkina Faso (UMPL-B)
- Antenne Social Alert Burkina (ASAB)
- Centre d’Information, de Formation et d’Études sur le Budget (CIFOEB)
- Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA)
- Groupe de Recherche et d’Action sur le Foncier (GRAF)
- Plate-forme Diobass-Burkina Faso
- Union Départementale des Producteurs de Coton de Padema (UDPC - Padema)
- Union Provinciale des Professionnels Agricoles du Houet (UPPA-Houet)
- Unions des étuveuses de Banzon et de Bama


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