Vêtements

3 mai 2007

Cloé Billiet expose

Diplômée en 1998 de "La Cambre", Cloé Billiet a créé une nouvelle collection de vêtements spécialement pour le magasin Oxfam Vintage. Et ce, uniquement à l’aide d’articles choisis dans notre magasin de la rue de Flandre.

Bonjour Cloé. On parle ici et là d’un prochain défilé en collaboration avec l’Oxfam Vintage de la rue de Flandre. Info ou intox ?
Oui, la dynamique équipe d’Oxfam Vintage de la rue de Flandre, fêtera officiellement l’ouverture de la boutique très prochainement. L’occasion pour moi de présenter en première ma collection Cloe Billiet Recycled, qui sera alors en vente dans le magasin.

Vous travaillez le coton bio et les vêtements de seconde main, est-ce à dire que vous vous sentez citoyenne du monde ?
J’essaye simplement de rester proche de ce qui me tient à coeur. Styliste de formation, j’ai eu une sensibilité précoce pour l’environnement, une sorte d’incapacité profonde à m’adapter à la consommation de mon époque. Depuis mon enfance, l’impression que quelque chose n’est pas ok à ce niveau me colle à la peau et m’intime de fonctionner de façon différente, de contourner la démarche classique du métier que j’ai choisi.

Oxfam-Solidarité et Oxfam-Magasins du Monde soutiennent deux associations en Inde : Agrocel et Rajlakshmi. Ces associations oeuvrent à la mise en place d’un code de conduite dans la filière du coton bio. J’imagine que cela ne vous laisse pas indifférente ...
C’est vrai, toute initiative visant à développer la culture du coton organique (c’est à dire cultivé sans pesticides) est primordiale. Surtout en Inde et en Afrique où il est urgent de revaloriser l’agriculture et d’améliorer les conditions de travail des agriculteurs. Ceux-ci sont fort exposés par l’utilisation de produits toxiques dans le processus de la culture du coton. De plus, l’agriculture européenne et américaine sont subventionnées et cela rend la concurrence des autres pays impossible sur le marché international, même souvent sur leur propre marché. D’autres aspects tels que l’appauvrissement des sols, la pollution des eaux ne sont pas sans conséquences.

En temps que ’consommateurs du monde’, nous avons vraiment besoin de plus d’information afin de pouvoir être conséquents par rapport à nos achats. Le coton traditionnel, une matière dite ’naturelle’, est plus polluant et toxique à produire qu’un tissu en polyester ! En cause les nombreux pesticides et produits chimiques utilisés lors de sa culture, sa teinture et sa transformation. La coloration d’un polyester nécessite moins de teinture et d’eau, mais celui-ci est un produit dérivé du pétrole et reste donc peu écologique et sain.

Voilà pourquoi le développement de filières de coton bio est si important. Parallèlement à cela, je crois en la recherche associée à l’écologie pour la création de nouvelles fibres textiles dans le secteur de l’habillement. Pour ce faire, nous avons un rôle à jouer en temps que consommateurs : soutenir les bonnes initiatives et acheter le plus possible les produits textiles bio et de fabrication équitable afin qu’ils représentent un intérêt économique ; éviter de consommer des biens produits par des sociétés qui ont suivi la voie du profit sans souci des conséquences au niveau humain et environnemental. Ainsi nous pourrons peut-être convaincre de grand groupes financiers à investir dans ce genre de cultures et à proposer des produits en coton organique au grand public.

Est-il facile de se procurer du coton bio ou des vêtements de seconde main de qualité pour une jeune styliste ?
Les vêtements seconde main existent en abondance, en bon ou moins bon état. C’est pour moi un terrain riche d’inspiration, j’aime réutiliser les matières précieuses, les imprimés originaux et métisser les genres. Je trouve que ce recyclage direct est un moyen très positif de gérer la surconsommation vestimentaire de notre dernière demi-décennie. Les filières de production bio se développent mais sont encore fort minoritaire par rapport à l’ensemble de la production du coton. Il est donc encore peu aisé de s’en procurer.

La mode, souvent éphémère, est-elle compatible avec le durable ?
Je rêve de pouvoir un jour utiliser des objets sans me soucier de les jeter. Je crois que le fait de consommer n’est pas à remettre en cause mais bien les produits que nous consommons. La mode est éphémère, la vie aussi. Je trouve dommage de vouloir fixer des idées, des esthétiques.

L’année 2007 est pour moi l’année de prise de conscience de masse par rapport au réchauffement climatique. L’information à ce niveau a été, il y a peu, amplement propagée par les média. C’est à présent la responsabilité de chaque individu, de chaque secteur d’activité de changer ses habitudes et de trouver des solutions efficaces. Pour moi, c’est ça le véritable progrès.

Avez-vous un site internet et où se trouve votre magasin ?
Je vous invite à visiter mon site : cloebilliet.be, en attendant de découvrir ma collection Cloe Billiet Recycled, qui sera prochainement en vente au magasin vintage, rue de Flandre 102-104.