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Changements climatiques

10 juillet 2008

Climat : le G8 manque d’ambition

À moins que les dirigeants du G8 conviennent d’une action immédiate et d’objectifs à moyen terme pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, toutes les promesses à long terme resteront vaines.



Oxfam International appelle les dirigeants du G8 à considérablement augmenter le financement destiné aux pays en développement pour permettre à ceux-ci de s’adapter au changement climatique, dans des proportions bien supérieures à celles envisagées par le nouveau Fonds d’Investissement sur le Climat du G8.

Plus de paroles : des actes !
« Pour des millions de pauvres vivant déjà avec les effets désastreux du changement climatique, ce Sommet du G8 est un moment fondamental », déclare Antonio Hill, porte-parole d’Oxfam International. « Nous n’avons pas besoin de plus de marchandage ou de désignation de coupables. Nous avons besoin d’une intervention urgente pour veiller à ce que le pic des émissions soit atteint dans les toutes prochaines années. Sans une telle intervention, les progrès accomplis depuis plusieurs décennies en matière de lutte contre la pauvreté seront à refaire. »

« Sans action immédiate, tout objectif de réduction des émissions pour 2050 restera chimérique », a ajouté Hill. « Le Canada, les États-Unis et le Japon tiennent le monde en otage quant aux objectifs de 2020, et les populations pauvres en paient le prix ». À Bali, la Chine, l’Inde et tous les autres pays en développement ont déjà accepté de remplir leur part du contrat. Les grands pays en développement et les quatre membres européens du G8 conviennent que les objectifs de 2020 sont une référence pour la réussite de l’actuel Sommet du G8. »

Une goutte dans l’océan
Oxfam International a reconnu que le nouveau Fonds d’Investissement sur le Climat pourrait aider les pays pauvres à s’adapter aux changements inévitables. Mais elle constate que ce Fonds représente une goutte d’eau dans l’océan et qu’il risque d’être prélevé sur l’aide servant à financer la santé et l’éducation.

A elle seule, l’Éthiopie a besoin de 800 millions de dollars pour couvrir les besoins immédiats d’adaptation aux changements climatiques. Outre les nouveaux fonds, les pays riches ne se sont engagés qu’à hauteur de 170 millions de dollars pour le fonds d’adaptation de l’ONU destiné aux 49 pays les moins avancés.

Un inacceptable déséquilibre
Oxfam International dénonce le déséquilibre existant entre le nouveau fonds du G8 sur les technologies propres (4 ou 5 milliards d’USD) et son fonds d’adaptation (500 millions d’USD). « Les priorités du G8 sont sens dessus dessous », a déclaré Jeremy Hobbs, Directeur exécutif d’Oxfam International. « Des milliards sont consacrés à leurs propres entreprises pour financer la technologie, mais on ne donne que des miettes pour l’adaptation des plus pauvres au climat. Les dirigeants du G8 parlent de promesses de réduction des émissions, mais à une date où ils ne seront plus vivants. Ils refusent d’agir pour les toutes prochaines années, c’est-à-dire la période cruciale pendant laquelle ils peuvent faire la différence. »

Le changement climatique n’est pas sans lien avec la hausse désastreuse du prix des denrées alimentaires au cours de l’année écoulée. Un rapport de la Banque Mondiale récemment divulgué indique que 75 % de la hausse des prix s’explique par la transformation des cultures vivrières en cultures destinées aux agrocarburants (en particulier l’éthanol de maïs aux États-Unis et au Canada, et le biodiesel à base d’oléagineux en Europe). Les gouvernements ont vanté les mérites des agrocarburants comme étant la solution au changement climatique. Mais les dernières études scientifiques indiquent qu’ils produisent autant d’émissions que l’essence ! Il est inacceptable que les pays riches encouragent la destruction de nourriture pendant que des centaines de millions d’êtres humains souffrent de faim.

Plus d’infos :
Louis Belanger, attaché de presse Oxfam au G8 au +81 80 2610 5564.