Tsunami : cinq ans après

Fin 2004, un tsunami dévastateur frappait l’Asie du Sud-Est. Grâce à la générosité sans précédent du public, Oxfam International a pu réaliser un programme d’aide et de réhabilitation sur plusieurs années. Cinq ans plus tard, des milliers de victimes vivent mieux qu’avant le tsunami.
Les fonds que nous avons reçus nous ont permis non seulement de répondre aux besoins urgents des populations touchées, mais aussi de nous attaquer aux facteurs qui les rendaient vulnérables, en particulier la pauvreté et le non-respect de leurs droits de base : droit à des moyens de subsistance, droit à l’éducation et aux services médicaux, droit de participation...
Près de 2,5 millions de personnes soutenues
L’action menée suite au tsunami fut une intervention sans précédent pour Oxfam. Nous avons :
lancé un programme de 227 millions d’euros sur quatre ans ;
aidé près de 2,5 millions de personnes dans sept pays ;
recruté des milliers de personnes pour mettre en œuvre le programme ;
travaillé avec près de 170 organisations partenaires au niveau local.
Nombre de bénéficiaires par pays (décembre 20004 - septembre 2008) :
Indonésie : 705.138 (ne comprend pas les 700.000 personnes aidées dans le cadre du programme PRIME, voir rapport p. 16)
Sri Lanka 792.127
Inde 776.025
Myanmar 60.171
Thaïlande 75.022
Somalie 59.260
Maldives 25.000
Total : 2.492.743
Gérer une aide de cette ampleur nous a confronté à des problèmes et obstacles considérables. Mais aujourd’hui, des centaines de milliers de personnes vivent dans de meilleures conditions qu’avant le tsunami, et ce grâce au soutien du public, au dévouement et au travail de notre personnel et de nos partenaires locaux, et surtout aux efforts des communautés affectées pour reconstruire leur vie."
Reconstruire, oui, mais mieux
Au Sri Lanka et en Inde, de nombreuses ouvrières agricoles qui vivaient auparavant dans une situation d’extrême pauvreté ont aujourd’hui plus d’espoir car elles ont rejoint les groupes d’entraide d’Oxfam. Des groupes qui, pour la première fois, leur ont donné accès à des crédits à faible intérêt et donc la possibilité de décider de leur propre avenir.
Notre plaidoyer auprès des autorités indonésiennes a également porté ses fruits. Ainsi, à Aceh, des gens qui louaient ou occupaient les terres d’autres avant le tsunami sont désormais propriétaires d’un logement, et les femmes ont obtenu le droit d’être co-propriétaires des nouvelles maisons.
Une attention toute particulière a été accordée au processus de reconstruction des infrastructures, notamment la construction de maisons et la distribution d’embarcations.
Des interventions moins concrètes ont été tout aussi importantes : donner à des producteurs les moyens d’avoir mieux accès au marché, leur apprendre à mieux se protéger contre de futures catastrophes, leur donner les clés pour qu’ils puissent participer aux décisions qui les concernent,...
Forces et faiblesses de l’action
L’intervention dans le cadre du tsunami a confirmé le bien-fondé de l’approche d’Oxfam : développer les capacités de la société civile locale et des communautés vulnérables pour à améliorer leurs propres conditions de vie. Une approche permettant de reconstruire, mais en mieux.
Mais nous devons aussi être honnêtes et reconnaître que notre intervention n’a pas été parfaite. Vu l’ampleur de l’opération, les erreurs étaient inévitables :
notre contrôle de la gestion financière des programmes partenaires en Inde a parfois été inadapté ;
au début de notre programme à Aceh, nous avons fait des promessesque nous n’avons pas toujours pu réaliser ;
une évaluation au Sri Lanka a indiqué que notre intervention dans ce pays aurait pu être plus efficace si les différents affiliés Oxfam avaient collaboré plus étroitement.
En bref, le tsunami a mis en lumière des problèmes auxquels Oxfam et d’autres organisations d’aide humanitaire faisaient face avant la catastrophe. Dès lors, il a été un catalyseur de changement, et particulièrement en matière de coordination humanitaire internationale : ainsi, au début de l’intervention, trop d’organisations se sont précipitées vers les zones facilement accessibles, négligeant les autres. Une attitude qu’Oxfam s’est efforcée d’éviter.
Le tsunami a également révélé des lacunes dans la coordination internationale ainsi qu’un manque de leadership et d’aptitude à rendre des comptes. Des efforts considérables ont été fournis depuis pour y remédier.
Leçons tirées
"Nous avons utilisé cette catastrophe pour améliorer nos mécanismes de coordination internes et nos principes directeurs en matière de réaction aux catastrophes.
Nous avons investi dans le contrôle, l’évaluation et la recherche pour améliorer nos performances, et nous avons rendu des comptes aux communautés affectées. Le tsunami a donc eu des effets sur l’ensemble de notre approche de l’aide d’urgence."
Le travail n’est pas terminé
"Dans les pays touchés par le tsunami, bien trop de gens vivant encore dans la précarité. Leur pauvreté, à laquelle s’ajoutent parfois des situations de conflit, les rend vulnérables à de futures catastrophes. Oxfam poursuit avec ces communautés vulnérables des projets de développement à long terme.
Les dons du public ont eu un impact durable sur la vie des victimes du tsunami. Grâce à cette générosité et la résilience des populations, celles-ci sont aujourd’hui mieux parées à des catastrophes futures."
Barbara Stocking, présidente du Fonds Tsunami d’Oxfam International.
Plus d’infos :
Mirjam Van Belle, coordinatrice de la cellule d’urgence d’Oxfam-Solidarité
Tél. : 02 501 67 44 — mva(at)oxfamsol.be
Le rapport de fin de programme du Fonds Tsunami d’Oxfam International
Plus d’infos sur les actions d’aide d’urgence d’Oxfam


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