Ce qu’il faut savoir sur la crise en Afrique de l’Est

Que ce soit grâce au site web d’Oxfam, à la télévision ou dans les journaux, vous êtes sans aucun doute au courant de la crise humanitaire qui sévit actuellement en Afrique de l’Est.
Oxfam a toujours besoin de votre aide pour mettre en œuvre ses programmes dans la région, qui viennent en aide à plus de 3 millions de personnes touchées par cette crise. Faites un don et aidez nous à aider !
en ligne
sur le numéro de compte IBAN BE37 0000 0000 2828 avec en communication ’9108 - urgence Afrique de l’Est’.
Oxfam et de nombreuses autres organisations ont lancé des appels d’urgence pour réagir face à ce qui a été décrit comme "la pire crise en termes de sécurité alimentaire aujourd’hui dans le monde".
Mais comment cette crise est-elle survenue, quelles en sont les causes et comment aurait-elle pu être évitée ? Dans cet article, nous analysons la situation plus en détails. Et tentons de répondre à quelques-unes de ces questions.
Quelle est la situation ?

- On estime que 12 millions de personnes sont concernées à travers l’Éthiopie, le Kenya, la Somalie et l’Ouganda (cf. carte de FEWS NET ci-dessus).
Une sécheresse intense sévit actuellement dans la Corne de l’Afrique, 2011 étant l’année la plus aride enregistrée depuis 1951. L’effet conjugué de deux mauvaises saisons des pluies successives, d’une pauvreté tenace et du manque d’investissement dans les zones concernées a entraîné des pénuries aiguës d’eau et de nourriture à travers la région.
En conséquence de la sécheresse et des conflits, le nombre de déplacés croît rapidement. Selon l’ONU, plus de 10 000 réfugiés arrivent chaque semaine au camp de Dadaab, au nord-est du Kenya, si bien que celui-ci dépasse de quatre fois sa capacité d’accueil. Et 2 000 réfugiés somaliens arrivent chaque jour en Éthiopie, portant le nombre total de réfugiés dans ce pays à plus de 100 000.
Quelles sont les causes de la crise ?
La sécheresse fait partie du quotidien depuis des dizaines d’années dans la région mais aujourd’hui, le climat change. Comme l’exprime Halima Bare, une habitante du village d’Elado, au nord-est du Kenya : "Quand j’avais 18, 19 ou 20 ans, il y avait plein de lait, plein de viande. Aujourd’hui les choses ont changé. Mes enfants avaient l’habitude de boire du lait et ont été élevés avec, mais avec le changement environnemental, nous changeons nos habitudes alimentaires."
Alors comment se fait-il que, dans une région où les gens s’en sortaient mieux autrefois, une crise aussi vaste fasse rage aujourd’hui ? La sécheresse extrême et l’évolution du rythme des précipitations sont venues renforcer une combinaison d’autres facteurs, dont l’enracinement durable de la pauvreté, l’augmentation des prix alimentaires et les conflits. C’est en raison de ces problèmes, auxquels s’ajoutent des années de marginalisation et de sous-investissement, que des millions d’individus font aujourd’hui face à une situation catastrophique.
Que pouvons-nous faire ?
Bien que l’aide d’urgence contribue à répondre aux besoins immédiats des individus à court terme, des mesures à plus long terme sont nécessaires pour protéger les moyens de subsistance et augmenter la production et la disponibilité de nourriture dans la région, y compris des investissements accrus destinés aux petits producteurs et petites productrices de denrées alimentaires ; des mesures s’attaquant aux problèmes qui, à la base, rendent les communautés vulnérables.
Il sera aussi nécessaire d’investir dans l’adaptation au changement climatique et la réduction des risques de catastrophes afin d’aider les populations à faire face à l’évolution du climat et aux autres chocs.
Les gouvernements, aussi bien les riches pays donateurs que les gouvernements de la région, ont un grand rôle à jouer. Les pays riches doivent intensifier leur intervention et apporter les fonds d’urgence nécessaires pour combler le manque de financement de 800 millions de dollars (en date du 20 juillet). Enfin, en Afrique de l’Est, les gouvernements doivent coopérer pour garantir que les denrées alimentaires soient rapidement acheminées vers celles et ceux qui en ont besoin, en supprimant temporairement les taxes à l’importation et les restrictions alimentaires.
L’ONU et les autres organismes humanitaires doivent également multiplier leurs efforts pour enregistrer toutes les personnes qui trouvent refuge dans des camps. Alors que des milliers de personnes partent de chez elles en quête d’assistance, le gouvernement kenyan doit honorer la promesse qu’il a faite, mi-juillet, d’ouvrir le camp d’IFO II, à Dadaab, à proximité de la frontière somalienne.
Comment Oxfam intervient-il ?
Grâce à la générosité de nombreuses personnes à travers le monde, Oxfam apporte déjà une aide à des familles éthiopiennes, somaliennes et kenyanes par le biais de programmes d’alimentation, d’eau et d’assainissement. Ce sont là des services de base dont les individus ont le plus désespérément besoin pour rester en vie.
Oxfam fait aussi pression auprès des gouvernements du monde entier pour qu’ils apportent une aide adaptée, de toute urgence. Nous faisons également campagne en faveur de la mise en place de politiques à long terme qui renforceront les capacités de résilience des communautés touchées par de telles crises, de manière à pouvoir éviter les futures catastrophes.
Comment pouvez-vous aider ?
Il est vital aujourd’hui de réagir face à cette crise et de sauver des vies. Vous pouvez apporter votre aide en faisant un don à l’affilié Oxfam le plus proche de chez vous.
Mais la crise en Afrique de l’Est est aussi un nouvel exemple d’un système alimentaire au bord de la rupture. Les sécheresses sont probablement inévitables dans cette région, mais pas les catastrophes. Les gouvernements et la communauté internationale doivent résoudre les problèmes qui sont à la source de la vulnérabilité des populations. La crise alimentaire est-africaine, comme dans d’autres régions du monde, est le résultat de problèmes récurrents et durables.
Le changement climatique viendra encore exacerber les difficultés que connaît la région, à moins que nous n’agissions urgemment pour réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre. Nous devons également multiplier les investissements au profit des petits producteurs et petites productrices de denrées alimentaires ainsi que les mesures qui aident les individus à s’adapter au changement climatique, et renforcer notre appui à des moyens d’existence durables.
Aidez-nous à créer un mouvement capable de faire changer les choses, un mouvement pour réparer notre système alimentaire défaillant, en rejoignant la campagne CULTIVONS.
Photo ©Oxfam : après que 35 de ses 40 têtes de bétail aient succombées à la sécheresse, Halima Bare et ses sept enfants ont dû parcourir 50 km pour trouver de l’aide.


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