Cap Haïtien : des violences suspendent les activités d’Oxfam

À Cap Haïtien, dans le Nord d’Haïti, de récentes émeutes ont stoppé Oxfam dans sa lutte contre le choléra. Depuis lundi, l’acheminement de l’aide est retardé par des routes bloquées. Si le travail humanitaire ne reprend pas, les cas risquent d’augmenter.
Le weekend dernier, Oxfam élargissait son programme WASH (eau propre, assainissement et hygiène) à 300.000 bénéficiaires des bidonvilles de Cap Haïtien, ville portuaire du Nord d’Haïti. Et ce, afin d’éviter la propagation de l’épidémie de choléra qui a tout récemment atteint cette zone très précaire.
Ce lundi 15 novembre, des protestations violentes frappaient la ville de Cap Haïtien, poussant alors Oxfam à stopper ses activités humanitaires sur place. Les routes bloquées par les manifestants ou par des pneus en feu empêchaient Oxfam d’atteindre physiquement la population, surtout avec des camions transportant de grands stocks de savons, eau propre et sels de réhydratation orale. « Ces violences retardent sérieusement notre réponse au choléra à Cap Haïtien. Nous sommes frustrés et très inquiets pour les Haïtiens qui ont désespérément besoin d’eau propre », déclare Julie Schindall, porte-parole d’Oxfam en Haïti.
La campagne massive d’éducation de la population locale aux bonnes pratiques en matière d’hygiène, et donc leur diffusion via des spots radio, est sans doute l’activité dont l’arrêt temporaire aura le plus d’impact.
Une réponse rapide nécessaire
Traiter et prévenir les infections de choléra est simple, mais demande une réponse rapide en eau propre et une certaine éducation à l’hygiène. « Plus nous agissons rapidement, moins la maladie est susceptible de se propager. Or, nous accusons actuellement un retard de 4 jours dans l’aide apportée à la population. Il ne serait donc pas surprenant, à cause de ce retard, d’observer une augmentation des cas », s’inquiète Julie Schindall.
« Chaque minute compte si on ne veut pas que la situation s’aggrave. La population ne sait pas comment se soigner des diarrhées. En cas de déshydratation sévère, l’accès aux cliniques ou aux hôpitaux est bloqué par les protestations », ajoute Elodie Martel, collaboratrice d’Oxfam à Cap Haïtien.
Pour l’instant, il a été demandé au personnel de Cap Haïtien de rester à la maison, et recommandé au personnel international de ne pas quitter le bureau. « Nous avons le personnel, les stocks et l’expertise pour avancer efficacement dans notre lutte contre la choléra, mais les routes bloquées nous empêchent de faire notre travail. C’est un sentiment d’impuissance que nous ressentons actuellement… », conclut Elodie Martel.
Contact :
Roland Van Hauwermeiren, directeur pays d’Oxfam en Haïti :
+509 37013205 ou + 32/475/873067
rvanhauwermeiren(at)oxfam.org.uk - Skype : poproland
Julie Schindall, porte-parole d’Oxfam en Haïti :
jschindall@oxfam.org.uk - +1 617 735 5572 ou +509 3701 0651 (gsm)
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