CTSWF : la Fédération Cambodgienne des Travailleurs du Tourisme et des Services

L’industrie du tourisme et des services est un gros pourvoyeur d’emploi au Cambodge. Chaque année, des centaines de milliers de personnes se pressent pour visiter le pays et ses célèbres temples d’Angkor. Mais quel est le sort réservé aux travailleurs qui les accueillent ?
Depuis les élections démocratiques de 1992, le nombre de touristes s’accroît d’année en année au Cambodge. On assiste donc à une multiplication du nombre d’hôtels, dont de nombreux établissements de luxe appartenant à de grandes chaînes internationales.
Hôtels de luxe, conditions de travail dorées ?
Les conditions de travail sont loin d’être idéales dans ces hôtels. Les milliers de réceptionnistes, nettoyeurs, bagagistes ou liftiers prestent souvent de très longues heures de travail tout en étant sous-payés. Beaucoup cumulent les contrats à durée déterminée n’offrant aucune protection sociale ni sécurité d’emploi.
Beaucoup comptent dès lors sur les « taxes de service » (service charge) pour joindre les deux bouts. Cette pratique traditionnelle - non régie par la loi - consiste à appliquer une taxe de 10% sur le prix des chambres afin de redistribuer l’argent collecté au personnel hôtelier. Malheureusement, de nombreux propriétaires n’appliquent pas correctement cette taxe ou font tout pour ne pas la redistribuer équitablement.
Pour garantir de bonnes conditions de travail et obtenir une application correcte des taxes de service, une fédération syndicale a vu le jour au Cambodge : la CTSWF. Forte de 4.000 membres, elle est parvenue à mettre sur pied des conventions collectives dans certains hôtels du pays, assurant de meilleures conditions de travail aux employés (congés de maternité, assurances, tarification du travail de nuit, etc.). Dans certains cas, elle a même réussi à obtenir l’octroi de salaires supérieurs au minimum légal.
S’étendre aux petits hôtels
Les petits établissements hôteliers échappent souvent à toute présence syndicale. S’étendre à ces petits hôtels est donc l’un des défis que la CTSWF compte relever dans le futur, à côté d’autres tâches comme l’organisation d’élections sociales, la formation de leaders syndicaux, la récolte d’informations et la lutte pour une règlementation stricte dans l’octroi des taxes de service.
L’action de la CTSWF ne se limite toutefois pas aux hôtels. La fédération est également représentée au sein du personnel des aéroports et des douanes ainsi que dans les casinos. Dans tous ces secteurs, elle tente d’organiser les travailleurs dans la défense de leurs droits. C’est ce travail avec la base qu’Oxfam-Solidarité soutiendra durant les trois prochaines années.
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- CICA : l’Association Indépendante des Fonctionnaires du Cambodge
- IDEA : l’Association Indépendante et Démocratique de l’Économie Informelle


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