Bangladesh, deux semaines après Sidr

Deux semaines après le passage dévastateur du cyclone Sidr, le conseiller en santé publique d’Oxfam au Bangladesh, Enamul Hoque, nous a fait part de ses impressions.
Témoignage
"A la vue de tous ces corps sans vie, je me suis dit qu’on aurait quand même pu éviter de si nombreux décès même si nous n’aurions pas pu faire grand chose au niveau des destructions. Si l’intensité des dégâts diffère d’un endroit à un autre, il me paraît évident que chaque famille a perdu au moins un des ses membres dans la catastrophe.
Quand je suis revenu de Dhaka, juste après le cyclone, j’ai vu des dizaines de milliers de personnes en état de choc ou de panique. Dans le district de Kakchira, les marchés se sont effondrés et les stocks de nourriture ont été détruits. Un petit bateau qui était sur la rivière a été projeté à plusieurs dizaines de mètres par le cyclone et jonche actuellement sur la route. On compte ici 500 à 600 familles vivant sur la rive du fleuve. Beaucoup ont été blessées et peu ont eu l’occasion de recevoir un soutien médical les premiers jours.
Les gens ont besoin de manière urgente d’eau potable, de nourriture et d’aide médicale. Beaucoup d’endroits sont très difficiles d’accès et il n’est donc pas aisé d’y acheminer du matériel et des vivres. Les marchés ne fonctionnent plus et doivent être remis sur pied le plus rapidement possible."
Bilan provisoire
Plus de 3 millions de personnes ont été affectées par le cyclone Sidr
On déplore plus de 3.000 morts, et autant de disparus
Des centaines de milliers d’habitations ont été ravagées
Les récoltes ont été détruites en tout ou en partie
Des dizaines de milliers de personnes ont besoin de nourriture et d’abris dans les meilleurs délais
Après les grandes inondations qui ont affecté le nord et le centre du pays en juillet, la perte massive des récoltes suite au cyclone Sidr est des plus mauvaises augures. L’effet combiné de ces deux désastres risque d’être catastrophique dans ce pays, déjà l’un des plus pauvres du monde. Le prix des aliments est déjà à la hausse et celui du carburant s’est envolé de 50%.
Oxfam est sur place
Malgré la situation, Oxfam a réussi à transporter de l’eau dans certaines zones reculées. Avant le cyclone, les gens avaient l’habitude d’aller chercher de l’eau à pied mais puisque bon nombre d’entre eux ont perdu un ou plusieurs membres de leur famille, ils ne sont plus en état de le faire.
Oxfam prévoit de distribuer des seaux, du savon, des tablettes de purification d’eau et du matériel d’hygiène pour les trois prochains mois. Pour le moment, nous aidons les gens à nettoyer et leurs zones d’habitations. Il s’agit en fait de déblayer les maisons, les champs et les routes des débris, notamment toutes les carcasses d’animaux que l’on retrouve partout sur le paysage.
Oxfam soutient certains villageois dans le nettoyage des bassins d’eau. En effet, ces derniers jouent un rôle essentiel dans l’accès à l’eau destinée à être bue, à cuisiner et à se laver. Il est important de nettoyer ces bassins le plus vite possible du fait qu’il n’y a aucun autre accès à l’eau dans cette région côtière.
Les populations participent à un programme « argent-contre-travail » d’Oxfam qui leur permet de gagner de l’argent pour pouvoir se nourrir et redémarrer au plus vite leurs activités. Mais il faudra encore du temps avant que les gens ne se rétablissent complètement de la catastrophe.Selon Heeather Blackwell, responsable du programme d’Oxfam au Bangladesh, le cyclone Sidr est la pire catastrophe à laquelle le Bangladesh ait eu à faire face depuis des décennies.
Aidez les victimes du cyclone Sidr. Faites un don à Oxfam
Votre soutien sauve des vies. Vous pouvez verser votre aide sur le numéro de compte 000-0000028-28 d’Oxfam-Solidarité, avec en communication "9092 Cyclone Bangladesh". Merci à toutes celles et ceux qui nous ont déjà apporté leur soutien.


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