social

Changements climatiques

13 décembre 2007

Bali : première victoire pour le Sud

Depuis le 3 décembre, les leaders politiques du monde sont réunis à Bali pour discuter d’un accord international post-Kyoto. Ce lundi 10 décembre, les pays en développement ont gagné une première bataille en ce qui concerne le financement de l’adaptation aux changements climatiques.

On le sait : les pays les moins responsables des gaz à effet de serre (GES) seront les pays les plus touchés par les changements climatiques. Depuis mars 2007, Oxfam dénonce cette injustice climatique et plaide pour plus de cohérence et d’engagement des pays riches tant au niveau de la diminution de leurs propres émissions de GES que dans le financement de l’adaptation aux changements climatiques.

Un premier pas a été franchi hier à Bali puisque la communauté internationale a décidé de renforcer les mécanismes de financement et de gestion des fonds d’adaptation. Et cela en impliquant notamment les gouvernements des pays bénéficiaires dans la gestion du fonds alloué aux pays les moins avancés (PMA). En clair, les pays en développement pourront davantage participer à la définition des mécanismes ainsi qu’à la gestion des fonds d’adaptation.

Il reste du travail !
Mais la bataille n’est pas terminée pour autant. A ce jour, les contributions des pays pollueurs au fonds PMA s’élèvent à 67 millions de dollars. Soit une somme inférieure à ce que les américains dépensent en un mois pour leur crème à bronzer !

C’est la raison pour laquelle Oxfam plaide aujourd’hui pour que la conférence de Bali définisse des objectifs contraignants et obligatoires dans le financement de l’adaptation. Ces engagements doivent être suffisants pour financer l’adaptation des pays en développement aux changements climatiques. Les contributions de chaque Etat doivent être calculées en fonction de leur responsabilité dans le réchauffement climatique et de leur capacité. Oxfam a traduit en graphiques (pdf) l’injustice climatique, les contributions théoriques et les engagements actuels des pays développés.

Oxfam rappelle enfin que le coût de l’adaptation – estimé à ± 50 milliards de dollars par an – ne doit pas être comptabilisé dans le budget d’aide publique au développement. Il s’agit en effet de compensations liées à un préjudice subi, autrement dit de la stricte application du principe de "pollueur - payeur" ! Ces programmes d’adaptation devront en outre, pour être efficaces, être intégrés dans les plans et politiques de développement élaborés en concertation avec les organisations de la société civile, correspondre en priorité aux besoins des populations les plus vulnérables et répondre à des critères qualitatifs stricts.

Plus d’informations :
- Brigitte Gloire, responsable "développement durable", Oxfam-Solidarité
02 501 67 53 — 0494 58 86 06 — bgl(atoxfamsol.be
- Le rapport d’Oxfam International "Financer l’adaptation"
- Oxfam et le climat : questions et réponses
- Le blog d’Oxfam International à Bali