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Forums sociaux

10 mai 2006

Athènes, un pont vers la nouvelle Europe

Après Florence, Paris et Londres, c’est Athènes qui accueillait cette année le Forum Social Européen (FSE).

Un Forum Social, c’est l’occasion pour des mouvements sociaux, des syndicats, des ONG et des groupes de la société civile de se retrouver pour se rencontrer, s’informer, débattre et planifier des actions. Le lien entre ces organisations ? La conscience qu’un autre monde est possible, un monde qui ne serait pas régi par le néolibéralisme. Un rêve ? Non, un projet réaliste ! (Lire le Globo de mars 2006 Le Forum Social : je m’implique aussi... dans la rubrique Media de ce site)

A l’image des autres Forums, l’inscription fut un peu chaotique. Il faut dire qu’à 15h30 cet après-midi (4 mai 2006), près de 10.000 participants étaient déjà inscrits. Environ 300 Belges étaient de la partie, ce qui constitue une délégation assez importante par rapport à d’autres pays. La majeure partie de la délégation belge était composée de représentants d’organisations syndicales ou associées. L’ACV/CSC a par exemple envoyé près de 130 personnes. Comme lors de chaque Forum Social, un soirée belge est organisée. Elle se tiendra ce soir.

Un Forum élargi !

Le choix de la Grèce n’est pas innocent : les organisateurs du Forum souhaitaient davantage impliquer les mouvements sociaux des nouveaux pays européens. En ce sens, la Grèce doit donc former - littéralement et symboliquement - un pont avec les nouveaux Européens. Et les premiers chiffres à ce propos montrent que la tentative a réussi : environ 2.500 participants à ce forum européen ne venaient pas d’Europe occidentale.

Les participants turcs sont notamment au rendez-vous, ainsi qu’une grande délégation kurde qui a réussi à accrocher durant toute la journée un grand drapeau d’Ocalan au dessus de l’entrée principale. On trouve aussi des stands d’information, n’offrant toutefois que rarement des documents en anglais. Les séminaires se sont heureusement très bien déroulés grâce aux équipes de traduction de Babels.

Un cliché s’est hélas confirmé : les Grecs ne sont pas polyglottes. La communication se déroule principalement en grec : flyers, drapeaux, prospectus, banderoles, infos aux stands, ... Plus de la moitié est en grec. Ajoutez à cela la présence de nombreux participants issus d’Europe de l’Est, et la confusion est alors totale : « Pays Russie ? » « Non, Pays Belgique » « Ah ». Fin de la discussion.

Un espace littéralement ouvert au débat

Le Forum se tient sur un aéroport désaffecté, à 15 km d’Athènes, où un certain nombre d’épreuves des Jeux Olympiques se sont déroulées. Sur l’immense terrain, les anciens bureaux abritent les séminaires, ateliers et bureaux de l’organisation. Un énorme hangar s’est transformé en un « hôtel » gratuit, rempli de sacs de couchage et de matelas. Dehors, ce n’est pas la place qui manque pour organiser des actions, pour tenir des étals ou des rencontres thématiques. Ou simplement pour s’asseoir et discuter au soleil.

L’endroit a l’avantage d’être un endroit public où les séminaires sont proches les uns des autres, ce qui facilite le contact. Peu d’ambiance se dégage toutefois de ce lieu.

Tous les participants ne sont pas encore arrivés à Athènes, les organisateurs et les stands n’ont pas encore installé leur matériel, et on s’affaire à peindre les banderoles. A cause du vent froid, la plupart des gens cherchent refuge dans les couloirs et les locaux où se tiennent les séminaires. Il faut bien se réchauffer...

Lieve Reynebeau, Oxfam-Solidarité, 4 mai 2006. Depuis le Forum d’Athènes.