social

Violence contre les femmes

9 décembre 2009

Afrique du Sud : un bus pour combattre la violence faite aux femmes

Chaque année, la campagne mondiale "16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes" démarre le 25 novembre. En Afrique du Sud, personne ne peut échapper aux actions organisée par les associations de femmes.

Les statistiques sur la violence faite aux femmes laissent sans voix en Afrique du Sud. Dans la "nation arc-en-ciel", une femme est violée toutes les 6 heures, et un quart des hommes s’est déjà rendu coupable de tels actes. Plusieurs facteurs sont à la base de cette violence : l’histoire tragique de l’Apartheid, la grande inégalité entre hommes et femmes, la pauvreté, le chômage, l’abus d’alcool et de drogues, les bandes des rues...

Soutenir les victimes, encourager la rencontre
L’organisation Rape Crisis Cape Town, partenaire d’Oxfam-Solidarité, tente de venir en aide aux victimes d’abus et de sensibiliser les hommes et les femmes. Chaque jour, des victimes de viol se rendent dans cette organisation pour y suivre des sessions thérapeutiques individuelles, pour participer à des discussions de groupes ou pour obtenir un appui juridique.

Pour la campagne "16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes", Rape Crisis a décidé de sortir de la ville du Cap pour sensibiliser toute la province du Cap occidental. L’objectif est de faire passer le message dans les campagnes. Un minibus d’employés et de bénévoles de Rape Crisis sillonne actuellement toute la province pour organiser des ateliers.

Veerle De Craene, responsable du plaidoyer d’Oxfam-Solidarité sur la violence faite aux femmes, a accompagné cette équipe durant une journée. Elle nous fait part de son témoignage.

"Le bus s’est arrêté devant un centre communautaire du township de Hermanus. Une quinzaine des représentant(e)s d’organisations locales se sont retrouvés autour d’une table. Ils se connaissent à peine, mais ils partagent tous la même expérience : celle de travailler avec les victimes d’abus sexuels. Appuyés par une bénévole de Rape Crisis, les participants apprennent à se connaître mutuellement et à découvrir le travail de leurs organisations respectives. Le but est d’améliorer la coordination des activités menées par les différents services de la région."

Combattre les mythes
"Après cette rencontre, une cinquantaine d’habitants du township, hommes et femmes, ont été invités à nous rejoindre, et trois bénévoles ont alors discuté avec eux - en anglais, afrikaans et xhosa - de ce qu’était un viol à leurs yeux.

La discussion s’est poursuivie sur la manière de distinguer les symptômes du viol - y compris chez les enfants - et sur les mesures pratiques à prendre après un viol. L’équipe de Rape Crisis s’est ensuite attaquée aux mythes qui entourent le viol et a lancé un débat animé avec les participants. L’un des mythes régulièrement mis en avant est que les femmes qui arborent des vêtement chatoyants demandent en réalité à être violées.

A la fin de cet atelier, une mère de 3 enfants est venue nous rencontrer pour remercier Rape Crisis d’avoir fait tout ce chemin depuis Le Cap. Elle s’est dite particulièrement intéressée par les symptômes de viol chez les enfants. L’atelier, nous dit-elle, lui a donné l’impression de pouvoir mieux protéger ses enfants. Un sentiment qui n’a pas de prix..."

Plus d’infos :
- Suivez la campagne "Stop the Bus" sur le blog de Rape Crisis Cape Town
- Veerle De Craene, responsable du plaidoyer d’Oxfam-Solidarité sur la violence faite aux femmes, tél. 02 501 67 05 — vde(at)oxfamsol.be
- Lisez notre magazine Globo n°25 "Femmes battues, sociétés perdues" (mars 2009)