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Changements climatiques

1er décembre 2008

Action globale pour le climat à Poznan

Les changements climatiques vont aggraver la pauvreté dans le monde et compromettre tout développement si les gouvernements ne s’engagent pas sur le chemin d’un accord plus équitable pour l’ensemble de la planète, prévient Oxfam. Les négociateurs doivent amorcer un tournant dans leurs pourparlers à Poznan et convenir ensemble des fondements d’un futur accord.

Le changement climatique constitue la principale menace pour le développement. Pourtant, au rythme actuel, nous ne parviendrons pas à maintenir le réchauffement sous la barre des 2° C. Tenant compte des responsabilités historiques dans l’apparition des problèmes, des efforts doivent être faits au niveau mondial afin de réduire les émissions de gaz à effets de serre et d’aider les populations les plus vulnérables à s’adapter aux changements climatiques en cours.

Climat, pauvreté et justice
Dans un nouveau rapport intitulé « Climat, pauvreté et justice », Oxfam rappelle que les changements climatiques sont d’ores et déjà durement ressentis par les plus pauvres. L’organisation demande donc que les dirigeants présents à la conférence de Poznan se concentrent sur les volets les plus vitaux de l’accord qui doit être signé l’année prochaine à Copenhague, ceci non seulement afin de maintenir le réchauffement en dessous des 2° degrés fatidiques, mais aussi pour permettre aux plus pauvres d’être mieux armés pour répondre au réchauffement climatique. Cela implique :

- un accord garantissant une diminution globale des émissions de gaz à effets de serre dès 2015 et une réduction de celles-ci d’au moins 80 % en 2050 par rapport aux niveaux de 1990,

- un accord prenant en compte le fait que chaque Etat doit fournir un effort en fonction de la responsabilité historique qui est la sienne dans le dommage causé et en fonction de ses capacités propres (cela signifie que les pays les plus riches doivent réduire en premier et plus massivement leurs émissions de gaz à effets de serre et que les pays en développement ne doivent pas supporter injustement la charge des efforts),

- un accord définissant le cadre des financements attendus des pays les plus riches pour aider les pays en développement à s’adapter aux effets déjà palpables des changements climatiques, soit au minimum 50 milliards de dollars par an.

« Si les pays développés s’engagent massivement à Poznan, ils auront franchi la première étape vers un accord juste et solide à Copenhague », affirme Brigitte Gloire, représentante d’Oxfam-Solidarité à Poznan.

« Au niveau mondial, les niveaux d’émissions ont augmenté plus vite que ce que présageaient les scénarios les plus pessimistes. Si la température augmente de plus de 3 degrés, ce sont au minimum deux milliards de personnes qui seront affectées par le manque d’eau. Les rendements agricoles vont diminuer et des régions entières seront désertées par leurs agriculteurs ».

Les pays riches doivent agir vite
« Les gouvernements ne doivent pas perdre de vue que c’est la survie même de centaines de millions de personnes qui est aujourd’hui en jeu à Poznan’’, poursuit Brigitte Gloire.

D’après Oxfam, les coûts pour prévenir une telle situation sont minimes (environ 1 % du PNB) si on les compare aux coûts, 20 fois plus élevés, auxquels nous conduirait la politique du laisser-faire. Les pays riches doivent donc sans plus tarder réduire leurs propres émissions et aider les pays en développement à s’adapter aux effets déjà palpables des changements climatiques, pour ainsi s’engager sur la voie d’un développement moins carboné. Mais Oxfam est préoccupé par le fait que certains Etats-clé dans les négociations ont des positions parfois très divergentes sur les mesures à appliquer. C’est vrai en particulier au niveau des objectifs de réductions des gaz à effets de serre, du partage des efforts et du financement de l’adaptation.

« Pour prévenir une crise climatique majeure, nous avons aujourd’hui besoin du même empressement et des mêmes engagements que ceux déployés par l’ensemble de la communauté internationale pour faire face à la crise financière », conclut la représentante d’Oxfam-Solidarité à la conférence de Poznan.

Oxfam sera présent à Poznan du 7 au 12 décembre, après la journée d’action de la Coalition Climat qui se déroulera le 6 décembre à Bruxelles.

Plus d’information :

- Brigitte Gloire, spécialiste développement durable d’Oxfam-Solidarité +32 (0) 494 58 86 06 — brigitte.gloire@oxfamsol.be

- Angela Corbalan, Oxfam International +32 (0) 473 562 260 — angela.corbalan@oxfaminternational.org

- Le rapport d’Oxfam « Climat, pauvreté et justice »

- Journée internationale d’action sur le climat, samedi 6 décembre 2008 à Bruxelles Info : www.coalitionclimat.be