APE : le monde s’est mobilisé ce 19 avril !

Partout dans le monde, des milliers de personnes ont pris part aujourd’hui à des actions de protestation devant les délégations de la Commission européenne et les Ambassades d’Allemagne, pays qui assure la présidence de l’UE et accueillera bientôt le sommet du G8.
L’objectif de cette mobilisation était d’appeler à un arrêt des négociation des Accords de Partenariat Economique (APE), accords commerciaux inéquitables entre l’Europe et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Ces actions ont été menées dans plus de vingt villes, notamment à Londres, Berlin, Dakar, et Bridgetown. Ici, des clés et des cadenas symboliques sont remis avec le message : "Que l’Europe n’enferme pas l’Afrique dans la pauvreté". Là, des "die-in" de manifestants ont été organisés pour rappeler que l’Europe - trop concentrée sur son propre agenda - est oublieuse des priorités des pays en développement. Tous s’inquiètent de l’impact négatif de ces accords de libre-échange sur le développement économique et social des pays ACP.
A Bruxelles aussi, on a dit non à ces négociations inéquitables
A Bruxelles, une centaine de manifestants d’ONG, syndicats, mouvements sociaux et paysans étaient présents pour appeler l’Allemagne à user de son influence pour s’assurer que les APE ne soient pas conclus sous leur forme actuelle.
Pour Brigitte Gloire, Responsable des Programmes Afrique de l’Ouest pour Oxfam-Solidarité : "La signature des APE à la fin du mois de décembre conduirait à des régressions en terme de développement, en particulier pour les pays les plus pauvres. Il y a une incohérence manifeste entre les politiques commerciales de l’Union européenne et ses discours sur le développement."
A Bruxelles, les manifestants ont remis une lettre géante à la représentation permanente de l’Allemagne auprès de l’Union européenne.
Accords de Paupérisation Efficace !
Les ONG présentes à Bruxelles dénoncent le fait que ces APE ne relèvent pas du partenariat mais de la paupérisation. Cela fait donc déjà plusieurs mois qu’elles manifestent contre ces négociations commerciales jugées inéquitables.

Pour les ONG, tout accord commercial entre l’Europe et les pays ACP doit permettre aux pays ACP de protéger le développement de leurs marchés, de leur agriculture et de leur industrie. Cela nécessite donc de maintenir le caractère non-réciproque des mesures de libéralisation, contrairement à ce qui est proposé par les APE dans leur forme actuelle. Un tel accord doit également maintenir un accès au marché au moins équivalent à celui existant actuellement pour les produits des pays ACP. Par ailleurs, la date butoir de fin 2007 doit pouvoir être revue si les pays ne sont pas prêts à s’intégrer dans un partenariat économique tel que celui qui est actuellement proposé.
Pour Arnaud Zacharie (CNCD-11.11.11), "l’UE devrait retrouver la mémoire et se souvenir que sa politique agricole commune a été fondée sur l’intégration régionale et le soutien aux revenus des producteurs locaux, ce qu’elle refuse de facto aux pays ACP en négociant ces APE."
Face à l’urgence et aux pressions exercées par la Commission européenne, la société civile belge demande à l’Allemagne de proposer une révision du contenu des APE en prenant en considération les revendications suivantes :
Examiner de manière urgente les alternatives aux APE ;
Cesser de pousser les pays ACP à signer ces accords avant le 31 décembre 2007 ;
Prolonger l’accès au marché européen des produits exportés par les ACP ;
Maintenir le droit de protéger les secteurs essentiels des pays ACP, surtout l’agriculture ;
Promouvoir les processus auto-déterminés d’intégration régionale
Exclure les nouveaux sujets relatifs au commerce (investissements, concurrence et marchés publics) ;
Assurer la transparence des négociations et la participation de la société civile, surtout des organisations représentatives des agriculteurs et paysans.
Trois délégués ont été reçus par des fonctionnaires allemands en charge des APE à la Représentation Permanente. Selon Nicolas Gérard (GRESEA), l’échange fût franc et direct. Mais l’inquiétude quant aux pressions exercées par l’UE reste vive. Aussi, la mobilisation continue et le prochain rendez-vous est déjà fixé au 25 avril. Ce jour-là, la réunion des Ministres des ACP et de l’UE portera notamment sur une évaluation des négociations en cours. Il s’agira donc de faire pression pour convaincre de la nécessité de maintenir des flexibilités efficaces en faveur des ACP et de la nécessaire protection de l’agriculture.
Infos complémentaires sur
www.epa2007.org
Le rapport d’Oxfam sur les APE : "Partenaires inégaux"
Contact presse :
Etienne de Belder, chercheur Oxfam-Solidarité, 02 501 67 56
Thierry Kesteloot, chercheur Oxfam-Solidarité, 02 501 67 55


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