A Rome, les gouvernements coordonnent leurs efforts de lutte contre la faim

Lors d’une réunion du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), qui s’est tenue à Rome du 11 au 16 octobre, les membres des Nations unies ont commencé à trouver un terrain d’entente sur certains problèmes de fond contribuant à la faim dans le monde.
Pour Oxfam, le CSA - qui a longtemps été miné par le scepticisme et les querelles de certains de ses membres - a marqué une rupture avec son passé en acceptant un plan commun de lutte contre la faim dans le monde. « Les organisations de la société civile ont eu une place plus importante, en aidant le CSA à passer du stade des discussions à celui de la prise de décision », a déclaré Thierry Kesteloot, responsable du plaidoyer Souveraineté alimentaire pour Oxfam-Solidarité. « Ceci est un bon début. Toutefois, le CSA nécessite encore plus de participation de haut niveau - notamment de la part d’institutions comme la Banque mondiale et le secteur privé - afin de pouvoir mieux mettre au point des politiques et actions cohérentes pour lutter contre la faim dans le monde. »
Des solutions globales pour des problèmes globaux
Oxfam pointe du doigt l’accaparement des terres et la volatilité des prix agricoles comme deux des problématiques les plus critiques du moment. Le CSA arrivera-t-il à apporter un changement significatif ? Des progrès ont certes été accomplis, mais il faudra plus de volonté politique, et des accords contraignants pour défendre les droits des producteurs locaux.
En ce qui concerne la volatilité des prix, les gouvernements ont travaillé de manière constructive pour trouver des solutions. Ils ont reconnu que la spéculation excessive sur les prix constitue un problème.
La nécessité a également été soulignée de travailler sur les impacts qu’ont l’adaptation au changement climatique et les politiques d’atténuation du changement climatique sur la sécurité alimentaire.
Le CSA a décidé d’agir rapidement pour s’assurer que les lois foncières protègent les intérêts des populations pauvres contre le phénomène d’accaparement des terres à grande échelle, qui transforme le paysage agricole. « Il est encourageant que les gouvernements semblent prendre leurs responsabilités,. Mais pour Oxfam, la vulnérabilité des populations les plus pauvres reste une inquiétude majeure et il faudra rapidement prendre des décisions. »
Participation constructive des gouvernements
Lors de cette réunion, des pays riches comme le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie, qui se sont montrés sceptiques quant au CSA par le passé, ont fait des interventions positives. L’engagement constructif de pays en développement comme le Cameroun et la Tanzanie était tout aussi important, afin de s’assurer que la réunion reflète l’opinion des pays les plus touchés par la faim. Notons aussi que, depuis la réforme du CSA, la Belgique apporte une contribution significative au bon déroulement de la réunion.
« Grâce aux réformes menées l’année dernière, les gouvernements ont convenu que le CSA devait devenir la plus haute autorité politique internationale sur la sécurité alimentaire. Ce progrès n’est qu’une première étape », a conclut Thierry Kesteloot. « La question reste de savoir si les pays auront la volonté politique de mettre en œuvre les mesures décidées. Ils devront fournir des résultats à temps pour la réunion du CSA en octobre 2011. »
Plus d’infos :
Thierry Kesteloot, responsable du plaidoyer Souveraineté alimentaire pour Oxfam-Solidarité : 02 501 67 55 – tke(at)oxfamsol.be


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