6 mois après le tsunami : l’histoire de Neela du Sri Lanka
Neela a 42 ans et est mère de trois enfants de 4, 7 et 12 ans. Son mari, ouvrier dans une usine de papier dans une zone de libre-échange (quartier Batticaloa), a été tué par la vague. Pendant deux mois, Neela a obtenu une prime du gouvernement. Mais maintenant, elle doit se débrouiller seule. Sans revenu, sans travail, elle dépend de l’aide de sa famille et de la communauté dans laquelle elle vit.
Mais Neela a reçu un endroit à elle pour habiter. Un comité de deux organisations locales, le syndicat Free Trade Zone et le Centre des femmes (Women’s Center), s’en est occupé. La première est un syndicat pour ouvriers, la deuxième, une association qui défend les droits des travailleuses dans l’industrie textile et sensibilise aux droits des femmes. Les deux organisations collaborent depuis longtemps. Après le tsunami, elles se sont mobilisées pour aider les ouvriers et leur famille, également les ouvriers qui n’étaient pas syndiqués. Ils ont d’abord organisé une aide en nourriture et des collectes d’argent. Rapidement, il leur a paru clair que les victimes avaient surtout besoin d’une habitation à elles. Ils ont fondé un comité pour l’habitat. Peu après la catastrophe, Kristien Vliegen, gestionnaire de projet d’Oxfam-Solidarité, s’est rendue au Sri Lanka. Elle a visité les organisations locales dans les régions touchées et a examiné la proposition de projet de construction. Etait-il conforme au fonctionnement d’Oxfam ? Quel était l’objectif du projet, quel budget était nécessaire, comment sélectionner les destinataires des habitations, comment impliquer les destinataires et la communauté lors de la construction des logements ?
Pourquoi est-il si important d’avoir sa propre maison ?
Thibaut Hanquet, responsable du programme tsunami à Oxfam : « Tant qu’une personne vit dans un abri provisoire, elle continue à se sentir dépendante. Il ou elle continue à attendre et ne peut pas faire de projets. Il n’y a pas de perspective d’avenir. » Neela : « Au Sri Lanka, une jeune femme peut se marier uniquement si elle a sa propre maison. J’ai déjà 42 ans, pour moi, ce n’était pas si important, mais pour mes enfants bien. Maintenant, je sais avec certitude qu’une de mes filles pourra se marier. Nous avons une maison en pierres avec un living, une cuisine, une salle de bains et deux chambres avec l’électricité et l’eau. » Thibaut Hanquet : « Oxfam a décidé de soutenir ce projet, financièrement mais aussi avec son expertise en matière d’organisation, de gestion budgétaire, de coopération avec le gouvernement et les ONG locales. Dans un premier temps, il était prévu de construire 30 habitations, mais il est apparu rapidement qu’il en fallait 100. Et six mois après le tsunami, il est déjà clair que bien plus d’habitations devront être bâties. » Monsieur Ayathurai, responsable du comité de construction des logements : « Une habitation modèle en blocs de béton avec un toit en zinc a été conçue. Le comité a examiné le projet avec les destinataires et l’a adapté à leurs besoins et aux habitudes de vie, mais aussi au terrain et au climat. Ainsi, les plafonds ont été rehaussés pour permettre plus de circulation d’air. Nous avons aussi eu une demande pour plâtrer les maisons. Ca, nous allons l’examiner maintenant avec le comité. »
Une évaluation intermédiaire
Thibaut Hanquet : « Dans chaque famille qui a reçu une habitation, un de ses membres collabore à sa construction. Ainsi, la famille se sent très concernée par le projet et les problèmes peuvent être communiqués rapidement. Cette personne est payée pour son travail. La première pierre a été placée le 15 mai. Un mois plus tard, six habitations étaient prêtes. Notre évaluation est positive. Mais nous nous posons aussi des questions : comment une communauté réagira-t-elle à une nouvelle habitation, avec sanitaires et électricité ? Le propriétaire va-t-il pouvoir payer les factures d’eau et d’électricité ? Ou la communauté continuera-t-elle à puiser l’eau des puits ? Les victimes dont les maisons n’ont été ravagées qu’en partie obtiendront-elles aussi de l’aide ? Neela est heureuse avec sa nouvelle maison. Elle peut maintenant s’occuper de l’avenir de ses enfants. Mais des milliers de personnes attendent encore... La reconstruction et la réhabilitation prendront des années. Et Oxfam insiste sur le fait qu’il ne suffit pas de rétablir l’ancienne situation de pauvreté, qu’il est important de travailler à une reconstruction avec plus-value. »
Oxfam collabore avec des partenaires en Inde, en Indonésie, sur les îles de Andaman et Nicobar, à Nias et au Sri Lanka. Dans les prochaines années, environ 250 millions de dollars seront consacrés à l’aide. Les activités se déploient dans plusieurs domaines : construction de logements, programmes « argent contre travail », équipements en eau et en sanitaires, santé publique et prévention, petits projets d’agriculture, réfection des bateaux de pêche, programmes pour les femmes. L’histoire de Neema en est une parmi beaucoup d’autres.
Plus d’informations sur les projets d’Oxfam en Asie du Sud-Est :
Thibaut Hanquet, gestionnaire tsunami chez Oxfam-Solidarité
e-mail : thibat.hanquet@oxfamsol.be
tél. : 02/ 501 67 72


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