25.000 pétitions d’Oxfam pour le ministre De Decker

Oxfam-Solidarité vient d’achever avec succès sa campagne sur les investissements et les conditions de travail. Soutenue par près de 25.000 signatures à sa pétition, l’ONG a appelé le ministre de la Coopération au Développement à mettre en place des accords d’investissements plus équilibrés, garantissant les droits des travailleurs à un travail digne.
Depuis deux ans, Oxfam-Solidarité sillonne les festivals d’été pour sensibiliser le public et récolter un maximum de signatures à sa pétition sur l’investissement social et les conditions de travail. Werchter, Chassepierre, Pukkelpop, Bruxelles Champêtre, ... Les rendez-vous avec le public ont été nombreux.
La clôture de cette campagne, le 17 septembre à Bruxelles, a permis d’atteindre l’objectif espéré : près de 25.000 citoyens et citoyennes ont décidé de se joindre à nos revendications auprès du Gouvernement afin que celui-ci agisse en faveur du respect des travailleurs dans les investissements belges et européens.
Pression à la baisse sur les droits sociaux
Car la situation est inquiétante. Comme nous en témoignent nos partenaires du Sud, leurs gouvernements sont de plus en plus mis sous pression afin d’offrir un climat “idéal” aux investisseurs du Nord : rapatriement libre des bénéfices, absence de réglementation écologique, mise au pas des syndicats, aucune obligation de faire tourner l’économie locale en faisant appel à des sociétés de sous-traitance locales, ...
Dans les faits, ce “climat d’investissement” mène à l’abandon pur et simple des règles sociales existantes. Exploitation sexuelle, journées de travail de 16 heures, insécurité d’embauche, mauvaises conditions de travail, ...
Le rôle de l’Europe
L’Union européenne a une grande responsabilité dans cette situation. L’Europe négocie en effet actuellement des Accords de Partenariat Economique (APE) avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) afin de libéraliser leurs marchés. Mais un constat apparaît rapidement : jamais dans l’histoire des relations entre l’Union européenne et les pays ACP les rapports de force n’ont été si inégaux que dans les négociations actuelles sur ces APE. Dans leur forme actuelle, il est clair que ces accords n’offrent aucune perspective de développement durable et qu’ils vont aggraver la pauvreté des pays les plus pauvres. Les effets du processus en cours seront multiples. L’ouverture totale des frontières des « partenaires ACP » aux entreprises européennes provoquera une inondation des marchés locaux par les produits subsidiés en provenance de l’UE. La chute des revenus douaniers des pays ACP aura des conséquences négatives sur leurs dépenses publiques dans les secteurs de base comme la santé ou l’éducation. Enfin, le processus aura des répercussions claires en matière d’appauvrissement local et de migrations internationales. Un nouveau rapport d’Oxfam, "Partenaires Inégaux", fait l’état de la question.
Oxfam International ainsiq ue des organisations africaines comme ENDA Syspro 2, le ROPPA, le CNCR, le RADI et le CONGAD, appellent l’Europe à recourir au réexamen formel du processus des APE, au cours des mois à venir, pour réorienter les négociations vers une voie différente. Ainsi, la Commission européenne devrait revoir à la baisse son ambition d’avoir un accès aux marchés réciproque avec les pays ACP. L’Europe devrait plutôt s’atteler à élargir l’accès à ses propres marchés pour les exportateurs des pays ACP.
En Afrique comme en Europe, des voix autorisées se sont élevées pour dénoncer la fuite en avant des APE et attirer l’attention des gouvernements et de la Commission Européenne sur les dangers que ces accords font irrémédiablement courir à la région, à l’Afrique et aux ACP.
Malgré ces fortes préoccupations exprimées et les réticences observées de la part des négociateurs ACP, la Commission Européenne maintien sa position et, dans les faits, s’écarte fondamentalement de l’objectif de Cotonou, la lutte contre la pauvreté.
Stop aux APE !
Pour marquer leur opposition au processus en cours, les sociétés civiles du Nord et du Sud ont organisé une journée internationale "STOP APE" ce mercredi 27 septembre. C’est cette date qu’Oxfam-Solidarité a choisi pour remettre sa pétition aux autorités politiques, en présence du gigantesque Cheval de Troie, symbole de cette campagne et élément phare de la pièce de théâtre de rue « La Ballade de Ron et Dus », réalisée par Les Passeurs de Rêves pour Oxfam.
Le message passé au Gouvernement est clair : le développement doit être placé au cœur des négociations sur les APE, avant les intérêts commerciaux particuliers. Des matières comme celles liées aux investissement doivent être conformes aux Objectifs du Millénaire pour le Développement, c’est-à-dire être socialement justes et économiquement équitables. A ce propos, le mandat du Commissaire européen au Commerce doit être revu à la baisse sur les questions liées aux investissements. Parallèlement, il est temps que le mandat de la Coopération au Développement revienne au centre du processus touchant aux APE.
Des millions de personnes dans le monde ont les yeux braqués vers les décisions de l’Europe. En Belgique, plus de 25.000 citoyens se sont prononcés avec Oxfam-Solidarité pour des changements majeurs en matière d’investissement et d’APE. Les décideurs politiques seront-ils à l’écoute ?
Plus de renseignements :
Xavier Declercq, Directeur de la mobilisation chez Oxfam-Solidarité, tél. 02 501 67 13 — gsm : 0475 220 791
- Le rapport APE d’Oxfam International (en français) (PDF - 243.5 ko)


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