16 décembre 2005 : La tension monte entre les négociateurs
De Thierry Kesteloot, envoyé spécial de Oxfam à Hong Kong
Face à l’intransigeance des pays riches, les pays en développement se regroupent : les pays émergeants (dits du groupe des 20 ou G20), ceux des pays pauvres (le groupe des 90 ou G90), les pays les moins avancés (PMA). Ils appellent les pays riches à mettre le développement au centre des débats.
De fait, l’Union européenne et les Etats-Unis se renvoient la balle pour enfin définir une date crédible pour éliminer leurs subsides aux exportations, mais ils maintiennent la pression pour que les pays en développement ouvrent leurs marchés aux services et aux marchandises non agricoles. Ceci ne veut pas dire que les négociations sont bloquées pour autant. Personne ne peut prévoir aujourd’hui ce qui se passera dans les deux prochains jours. Pendant que la bataille médiatique fait rage, les négociateurs, sous l’impulsion du directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, font des propositions écrites. Personne ne peut prédire si le fosse qui sépare les différentes parties pourra être comblé en deux jours.
Des jeunes Chinois entament une grève de la faim
Les ONG se sont aussi regroupées pour condamner l’attitude hypocrite des pays développes. Demain, ce sera trop tard pour mettre le développement au cœur des négociations ! Les organisations agricoles manifestent leur mécontentement de ne pas être entendues. Pour elles, l’enjeu est avant tout de pouvoir produire. "Le marché ne nous intéresse pas si nous sommes contraints de disparaître." Après une manifestation symbolique des paysans asiatiques qui ont défilé dans les rues de Hong Kong en se prosternant tous les cinq pas à la façon des moines bouddhistes, ils gagnent les cœurs des Chinois de Hong Kong. Le miracle du libre-échange n’est pas universel.
Certains jeunes Chinois, pour faire honneur à ces milliers de personnes venues du monde entier pour demander des règles de commerce justes, respectant les droits et la dignité de tous, ont entamé une grève de la faim devant le centre de conférence. "Nous voulions être solidaires des paysans coréens. Nous avons choisi la grève de la faim comme forme de résistance la plus pacifique, mais la plus puissante aussi." Peu probable qu’ils soient entendus.


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