14 décembre 05 : Le monde réel face aux intérêts particuliers.
Par Thierry Kesteloot, envoyé spécial d’Oxfam à Hong Kong.
La cérémonie d’ouverture de la conférence ministérielle à Hong Kong a débuté dans une atmosphère feutrée de grande conférence diplomatique, jusqu’au discours de son directeur général, Pascal Lamy.
Il admettait qu’il lui faudrait probablement l’aide d’une baguette magique pour que les 149 membres arrivent à un accord à Hong Kong. Accord dont personne ne connaît l’ambition réelle. Son discours a été interrompu par une quarantaine de représentants d’ONG et de mouvements sociaux qui se sont levés avec des slogans "pas d’accord est mieux qu’un mauvais accord", "l’OMC tue des paysans", "l’eau n’est pas a vendre", "l’OMC détruit notre environnement"... De nombreuses délégations de pays en développement accueillaient chaleureusement cette démonstration contre une OMC qui profite principalement aux intérêts particuliers de grands financiers et commerçants.
Pendant ce temps, à l’extérieur du centre de convention, quelques milliers de manifestants défilaient dans les rues du centre ville pour dénoncer l’impact catastrophique de l’OMC, y compris sur des travailleurs, paysans, pêcheurs, femmes migrantes, étudiants... Le fossé qui sépare les demandes de ce monde réel des positions présentées sont devenues visibles quand plusieurs dizaines de paysans coréens se sont jetés à l’eau pour faire entendre leurs voix... En vain.
Ces protestations à l’extérieur et a l’intérieur démontrent une fois encore la méfiance grandissante, voire, la colère que de nombreux mouvements sociaux, des ONG, mais aussi de simples citoyens ressentent envers l’OMC parce qu’ils constatent que les décisions qui y sont prises déterminent leur emploi, leur survie.
Les pays industrialisés tentent de convaincre les pays en développement de plus s’intégrer dans le commerce international - en d’autres termes, d’accepter d’ouvrir leurs marchés - par des promesses d’aide financière... largement promises par ailleurs. La carotte présentée par les pays riches ne convainc pas les pays en développement. A l’extérieur, cette diversion pour ne pas changer l’iniquité des règles commerciales n’impressionne pas du tout.


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