10.000 participants à la marche d’ouverture

Lors de la marche d’ouverture du Forum social mondial, le jeudi 19 janvier à Bamako, près de 10.000 personnes appelaient à la paix dans le monde et réclamaient un commerce équitable ou encore la fin des discriminations à l’encontre des femmes.
Alors que Bamako vaquait à ses occupations habituelles, des milliers de personnes venues des quatre coins du Mali, d’Afrique et du monde ont convergé ce jeudi vers le boulevard de l’Indépendance pour participer à la marche d’ouverture du Forum social mondial.
Selon Mamadou Goïta, l’un des organisateurs du Forum, cette marche colorée et festive a rassemblé près de 10.000 personnes autour de slogans divers appelant à la paix dans le monde, réclamant un commerce équitable ou encore la fin des discriminations à l’encontre des femmes.
Problèmes, analyses et stratégies africaines
L’excitation et la fête suscitées par les cérémonies d’ouverture ont aujourd’hui fait place au travail et à la réflexion. Plus de 600 activités ont été annoncées. Un programme épais à la main, les participants se pressent d’un lieu à l’autre pour tirer un maximum de leur présence au Forum. De 8h à 20h, les idées fusent dans les ateliers et séminaires.
Si les débats portent sur des enjeux internationaux, une large présence africaine parmi les participants tend à mettre en perspective les problèmes, analyses et stratégies propres à ce continent.
Les uns soulignent les différences socio-économiques qui marquent différents pays du continent, notamment anglophones et francophones. D’autres appellent cependant au renforcement des collaborations entre pays d’Afrique. Selon Anthony Baah, du Trade Union Council (TUC-Ghana), ces collaborations sont indispensables pour faire face à la puissance des multinationales, comme par exemple dans le secteur minier.
Les femmes prennent la parole
Autre trait saillant du Forum, les femmes s’y approprient de larges espaces de parole. Cela reflète probablement le dynamisme des femmes dans les mouvements sociaux de la région. Un fichu coloré sur la tête, un enfant dans les bras, Awa dénonce les conditions de travail dans l’industrie au Nigeria. Elle explique que les employés nigérians sont payés des cacahouètes. Ils ne bénéficient d’aucune sécurité d’emploi. Les travailleurs expatriés en revanche bénéficient de salaires avantageux et de la sécurité d’emploi.
Ainsi vont les débats. Animés et riches en témoignages, ils suscitent beaucoup d’attentes parmi les participants qui souhaitent dépasser le stade du débat.
Après une première journée de Forum, ils devraient être trente mille à rejoindre le stade Modibo Keïta pour assister au concert de Tiken Jah Fakoly, star ivoirienne qui ne garde pas sa langue dans sa poche.
Deborah Myaux, représentante d’Oxfam-Solidarité à Bamako
Pour un retour à la paix
Tout juste arrivée du Sénégal, Mme Aminata Mane a rejoint un petit groupe de femmes maliennes. Elles entendent participer ensemble à la marche d’ouverture du Forum. Présidente de l’Union régionale Santa Yalla (URSY), Aminata Mane raconte son combat pour la paix et le désarmement.
L’URSY est une organisation créée, à l’origine, pour permettre la transformation des produits de la pêche. Face au conflit qui s’est développé en Casamance à partir des années 80, l’organisation a développé d’autres activités en vue de promouvoir le retour définitif de la paix et le désarmement.
Pour Aminata Mane, s’agissant de la question de la paix, les femmes de Casamance ont leur mot à dire. « Quand la région s’est évidée des hommes, c’est elles qui sont restées avec les plus jeunes et les plus vieux ». Et comme la guerre est souvent liée à un problème de dialogue, l’URSY a créé en 2005 la première radio communautaire de femmes du pays.
Dans la région, Radio Kassoumay s’écoute sur le 107.00 FM


FR |
Facebook
Twitter
YouTube
Flickr
Newsletter
